Homepage [ Homepage ] [ Sommaire ] [ Livres ] [ Disques ] [ Art Celtique ]
[ Liste de diffusion ] [ Commander ] [ Contact ]

« Buez ar Zent »
(La Vie des Saints en breton)
de Yann-Vari Perrot

27,44 €
Livre épuisé | Ma commande


Buez ar Zent;
      Ah! Monsieur l'abbé, votre livre, "Buez ar Zent", m'a joué un tour pendable que je ne lui pardonnerai certainement pas avant la dixième édition, c'est à dire avant la fin de l'année prochaine. Je voudrais bien savoir qu'elle est la famille bretonne indifférente à ses origines et assez oublieuse de ses devoirs pour n'en n'avoir pas fait l'acquisition. Le stratagème dont l'imagination s'est servie pour me faire enfreindre mes serments, m'a obligé et ceci me console à exposer par avance, quoique d'une façon détournée, les leçons que nous devons retirer de l'oeuvre de l'abbé Perrot. Et, quoi! pensez-vous, Mesdames et Messieurs, qu'il me faudrait beaucoup d'ingéniosité pour établir un parallèle entre l'état de l'Armorique au cinquième siècle et les temps d'anarchie où nous vivons; et croyez vous qu'il y ait une différence sensible entre la venue des Saints émigrés de l'ile de Bretagne et l'apparition si opportune de Buez ar Zent en qui sont résumés le meilleur de leurs actes et le précis nerveux de leur doctrine?
Monsieur l'abbé Perrot m'excusera si je n'entre pas dans le détail de son chef-d'oeuvre; mais pour que ma fonction de rapporteur ne me fasse pas accuser de ne l'avoir point lu, et, ma qualité d'écrivain gallo, de ne l'avoir pas compris, il me faut signaler les magnifiques leçons dont l'auteur a fait suivre les vies les plus saintes et les plus marquantes.
Tout d'abord, notre distingué confrère hagiographe débute par un coup de maître; car, prenant texte des relations de Conwoion avec Noménoë, il en extrait le plus concis, le plus patriotique des résumés qu'il m'ait été donné de lire sur l'Armorique avant sa nationalité bretonne comme sur l'amour que tout homme doit porter à son pays. La vie de l'austère et terrible Gueltas est pour lui l'occasion de nous condenser en peu de lignes, mais combien expressives, les raisons qui militent en faveur de la tradition. La légende de St-Jaoua est un modèle de finesse et de causticité. Qu'il adresse une prière aux sept saints délaissés de Bretagne comme conclusion au récit des actes de Corentin, et beaucoup applaudiront à ce que l'on mette une sourdine au culte prétentieux des masques enluminés autant que platreux des Euphrase, des Symphorien, des Théodule et des Onésiphore. Il n'est pas jusqu'au sévère et énigmatique Brieuc qui ne lui fournisse l'occasion de se concilier toute la mycologie des Chartistes et des archéologues en nous décrivant la vie et les règlements des moines, nos premiers éducateurs.
Il y a longtemps que la science du prêtre n'avait ainsi péremptoirement sanctionné les justes aspirations de notre patriotisme. Que M. l'abbé Perrot en soit à jamais remercié et que la Bretagne lui prouve sa reconnaissance en mettant le Buez ar Zent parmi les trésors de famille inaliénables où les générations successives viendront puiser la plus passionnante des lectures comme le plus sain et le plus substantiel des enseignements. Je n'aurai garde d'oublier Messieurs les abbés Martin, Léon et Prigent, les fidèles et talentueux collaborateurs du barde de St-Vougay et M.Guennec dont l'habile crayon agrémenta tant de pages. Les en-têtes, lettres et culs de lampe correspondent exactement à l'esprit du texte et à la méthode vulgarisatrice de l'auteur.

[ Homepage ] [ Sommaire ] [ Livres ] [ Disques ] [ Art Celtique ]
[ Liste de diffusion ] [ Commander ] [ Contact ]